Naissance des Mots Parleurs Bourgogne

Un article, paru dans Bourgogne côté livres pro / l'actu des professionnels du livre édité par le CRL Bourgogne, annonce la naissance des Mots Parleurs Bourgogne:

Après douze ans d'actions en région parisienne, l'association les Mots Parleurs s'étend à la Bourgogne. Une première convention entre les Mots Parleurs, les Editions SPIRALINTHE Café des Arts et l'Hôtel Lutécia s'est conclue par une série d'avant-premières de lectures contemporaines à Semur en Auxois, en présence des écrivains. Deux stages ont été programmés dans le courant de l'été ainsi que des ateliers, dès le mois de septembre.

Valérie Delbore, fondatrice et lectrice des Mots Parleurs, explique ainsi son travail: "là où habituellement il y a le spectacle, je souhaite la représentation des sens. Et si mon objectif est de donner à entendre et à voir la multiplicité des sens, il est aussi de sensibiliser le public à l'écrit, la trace, l'empreinte, la mémoire, l'«essence» de la création littéraire et la perception aigue des «sens» qui y sont liés. Nous travaillons debout, devant un pupitre comme support du corps et de l'écrit, le carcan du corps dans sa verticalité, le carcan de l'écrit dans son horizontalité, à épuiser les conventions de notre imaginaire, pour ne plus aplanir la vision et l'entendement, oser respirer le silence, dans l'acte même du partage et de l'envol de l'esprit."

Les moyens des Mots Parleurs sont la création et la production de représentations publiques, la formation des professionnels et des amateurs - adultes, jeunes et enfants dans les cadres universitaire et scolaire, d'entreprises ou dans son centre de formation de Semur en Auxois -. Les événements organisés par l'association sont divers: spectacles vivants ou enregistrés, festivals, voire événements festifs mêlant restauration culinaire, textes, dégustation oenologique, etc.

L'idée même que toute représentation libre ne pouvait s'acquérir que par le carcan d'être debout, derrière un pupitre, un écrit et tenter d'évacuer les clichés de l'imaginaire, acquis par la tradition, le culturel, la maîtrise de la pensée, l'égo n'a posé aucun problème. Comme si, inconsciemment, les participants savaient déjà qu'il n'est possible d'agir en tant que lecteur seulement en se débarrassant de sa propre image, le temps de la lecture, bien sur; accepter de respirer aux endroits écrits, c'est-à-dire virgule, point, point-virgule, trois points de suspension, point d'exclamation, point d'interrogation ... Prendre en charge la perception de l'écrit dans son organisation: paragraphes, chapitres, titres, sous-titres; intégrer le silence, espace temps accordé à toute représentation; admettre que la lecture à voix haute, si l'on veut bien y réfléchir, n'étant ni du théâtre, ni du conte, ne peut être reçue et entendue que dans l'interprétation et non dans le jeu dramatique; accorder la liberté au public de créer son propre imaginaire; investir l'espace de sa propre évocation.